Heure sainte
Émile Raguin
C’est l’heure d’arrêter, en cette fin du jour,
Les peines et les pas des chevaux de labour.
Alors en m’appuyant sur ma vieille charrue,
Je prends quelque repos : l’heure sainte est venue.
Le soleil rougeoyant s’écrase à l’horizon.
Comme un feu qui vacille et couve le tison,
Il emplit le beau ciel d’une lumière rose
Et le calme du soir descend sur chaque chose.
Le champ que j’ai tracé semble attendre la nuit,
L’ombre monte en son sein, quelque motte reluit
Et la terre rêvant de nouvelle semence
En donnant au hasard sa sauvage fragrance,
À travers le chaos de mon labour récent
Exhale au vent du soir son désir innocent !
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire