Gerbe baude
Édouard Michaud
Les sacs sont lourds de grain, la paille est sur la barge,
Et propice à l’ampleur des solennels repas,
La grange ouverte encadre, au gris d’un portail las,
Le ciel splendide et pur où fond un soleil large.
Jusqu’au seuil fauve on voit la table s’allonger
Et pour parer la nudité des nappes blanches,
Rampent en cercles verts, autour des plats, des branches
Où la rose aigre alterne avec l’œillet léger.
L’adisias gaillard des conviés résonne.
Le maître est au cellier qui perce une ample tonne.
On l’appelle et bientôt, sur l’excessif décor,
Préludant au banquet dont les apprêts s’achèvent,
Entre de rudes mains de gros verres se lèvent
Où le vin semble un doigt qu’on boit de ce soir d’or.