Le vacher
Léon Boyer
En lourd feutre bourru d’Aurillac et gilet,
Que l’or du soir rutile ou que l’averse trempe,
Pantalonné de bure et d’âcre bouse, il campe
Sa stature sur le ciel vaste de juillet.
Buveur d’espace libre et d’aigre petit-lait
Qui froisse, l’orteil nu, des souffles à la tempe,
La crête où les gentianes dressent leur hampe
Parmi le gazon court et le gris serpolet,
Trayeur fruste, accroupi sous le ventre des bêtes,
Qui porte, débordant de l’écume des traites,
La gerle au vieux buron coiffé de chaume bas,
Toi, qui vautres parmi l’herbage en fleurs tes siestes,
Je t’évoque, ô mon frère inculte de là-bas,
Cueilleur de vent natal et d’azur à plein gestes !
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