L’intérieur cauchois
Charles Boulen
L’intérieur cauchois est beau comme un musée ;
L’horloge, sarcophage archaïque et marron,
En sa moulure, enclot le temps, Sphinx à l’œil rond,
Qui surveille la cour à travers la croisée.
Les chandeliers de fer ont leur spirale usée,
Aux récits merveilleux du fusil à piston.
Une arme blanche encore embroche le mouton ;
Mais la soupière est noire et trop cicatrisée.
Un couvercle en étain s’arrondit en haubert,
Et la surprise trouve au chambranle entr’ouvert
Sur l’âtre au champ de brique un bas-relief en fonte.
Aux frises d’un buffet baille un vieux Coutumier,
Et chaque soir les clefs symboliques racontent
Le geste du fermier jaloux de ses greniers.
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