Étang
Édouard Michaud
Solitude absolue au bord de l’étang calme
Qu’un souffle à peine atteint dans le soleil léger.
La feuille est lisse aux troncs qu’on voit en lui plonger
Et dont les rameaux lourds ont des ampleurs de palme.
Pris à l’émail sorti de très artistes doigts,
Le fugitif saphir d’un martin-pêcheur passe.
Une carpe a sauté, floc géant — un rapace
Gagne, point inquiet, d’un vol pesant les bois.
La noire poule d’eau fait son appel bizarre.
À portée de caillou, la Dronne exquise égare
Parmi des prés son flot impeccablement net ;
Et delà la clé grise où quelque fusain bouge,
Un coteau de rocs noirs et de bruyère met
Au bleu parfait du ciel son arc de splendeur rouge.
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